Confinement, oui et alors?

Au petit matin @mamannentendpas.fr

Ne vous inquiétez pas, je voulais un titre un peu provocateur.

J’avais préparé deux articles pour mon blog mais je n’ai pas envie de les sortir pour l’instant. Pourquoi ? je ne sais pas. Un sentiment mitigé, peut-être.

Je voulais partager avec vous un billet sur les 10 ans de maternité. Oui ! mon fils a maintenant 10 ans ! Et je voulais aussi parler du télétravail à distance ; pour moi, comment cela se passe avec toutes ces réunions téléphoniques ? (je ne vous raconte pas tout de suite)

J’ai laissé tomber. Ce soir, j’ai eu envie d’écrire autre chose, je ne sais pas quoi. Pour une fois, je laisse mon intuition me guider pour ce billet… Je pars d’une page blanche pour arriver à…

Vous allez penser que je déprime, mais non. Le confinement peut être déprimant à la longue, oui, mais dans mon cas, je ne le ressens pas personnellement. Peut-être parce que j’ai une maison et un jardin. Parce que je gagne 1h30 de sommeil (ça va être dur à la fin du confinement). Parce que… etc.

Oui, bien sur, on nous conseille de faire attention à la notion de temps qu’on perd avec le télétravail quotidien.
Nous avons l’impression de travailler davantage (j’en étais physiquement et mentalement épuisée au bout de 10 jours et ça va mieux maintenant).
Nous essayons de ne pas oublier nos enfants qui sont à côté de nous tous les jours (je fais des mini-pause dans la journée).

Oui, nous avons de nouvelles habitudes… entre autres comme le suivi des travaux de nos enfants (Tchipie en grande section et P’tit Loup en CM1). Oui, parfois, ils s’ennuient à mort (je répète ce que m’a dit mon grand). Alors, dans ces moments-là, ils nous provoquent de temps en temps.

C’est marrant, j’ai vu quelque part que l’on lit moins qu’avant le confinement… Je lis effectivement beaucoup moins qu’avant (normal, je lisais dans les transports). Et alors, est-ce qu’on écrit moins qu’avant ? je me pose la question !

J’essaie aussi de réaliser des choses ‘que je n’avais jamais le temps de faire‘, je les fais petit à petit car je sais que le confinement peut être long à vivre.
J’essaie de ne plus lire trop de choses négatives (je regarde quand même le JT de 20h pour être au courant). Je rigole à des blagues et vidéos marrantes en rapport avec la situation actuelle, et j’essaie de les relayer (toi aussi, n’est-ce pas?)… Faire des activités avec nos enfants (qu’on voit sur internet), pourquoi pas ? alors que les nôtres ont plein de jouets dans leur chambre et que nous pouvons avoir de l’imagination sans regarder ces astuces-là.

Déjà, avant le confinement, on profitait des petits plaisirs de la vie, aujourd’hui, cela n’a pas trop changé, sauf le travail, l’école, les sorties évidemment… mais en même temps, je pense qu’on en profite un peu plus, conscients de notre chance.
Nous nous donnons des nouvelles avec nos proches, comment se passe ton confinement? tu ne t’ennuies pas trop? les enfants, ça va? Déjà avant, on se donnait des nouvelles, oui quand même.

Là, cela prend encore de l’ampleur mais, comme on sait que le bout du tunnel arrivera un jour, très vite j’espère quand même, il y a toujours de l’espoir… grâce aux solidarités qui se multiplient, aux actions qui chaque jour, fleurissent pour nous faciliter la vie et surtout, pour nous sauver la vie.

Et les grèves dans tout cela ?

je n’ai pas trouvé une meilleure illustration pour ce billet, j’adore ce bandeau !
copyright Sonia Delaunay

Nous habitons en proche banlieue dans la région parisienne. En temps normal, mon trajet de travail dure moins d’une heure. Avec les grèves qui durent depuis début décembre, soit j’arrive à faire le même trajet (ou à peu près avec 10min de plus), soit je modifie mon trajet et cela peut durer jusqu’à 1h30 voire 2h (heureusement pas souvent… mais pas de chance quand ça m’arrive !).

Au début, je décalais mes journées de travail, et j’alternais avec le télétravail à la maison. J’arrivais une heure plus tôt le matin et je repartais en milieu d’après-midi, puis le reste de l’après-midi, je travaillais chez moi. Ce décalage casse le rythme habituel et cela me fatigue davantage. Mais ça fait du bien de récupérer les enfants le soir si on ne les a pas vus le matin !

Cela a donc un impact énorme sur ma concentration (voir ce billet). Quand je fais 3 journées décalées de suite, à la fin, je suis encore plus fatiguée. Mes collègues le savaient, je les prévenais de ma fatigue et je prévoyais davantage de pauses dans la journée.

J’ai aussi droit au télétravail : cela me repose, je peux m’occuper des enfants le matin, je communique avec mes collègues par mail et par messagerie instantanée. C’est top pour un salarié sourd, n’est-ce pas ?

Cependant, pour mon travail, parfois, j’ai besoin de voir des collègues. Mieux que la messagerie instantanée ou les mails. En effet, certains sujets sont assez complexes et ce n’est pas toujours évident d’expliquer à distance.
Alors je me déplace quand j’ai des réunions physiques dont j’ai besoin pour avancer dans mes projets.

Quand on a une réunion et que j’ai réussi à venir sur mon lieu de travail, il arrive qu’une personne ou deux soient absentes à la dernière minute. Je suis embêtée comme presque tout le monde !

Une fois, j’ai réservé la prestation de retranscription écrite à distance pour un point avec 2 collègues, parce que le sujet de la réunion est assez technique et que je ne voulais pas perdre des infos ‘inutilement’.
Le jour J, l’un des deux ne pouvait se déplacer et on a pu maintenir la réunion.

C’est devenu une réunion téléphonique comme les aiment tellement les entendants 😉

Aujourd’hui, cela va un peu mieux, je peux prendre le trajet aux heures habituelles. Je ne décale plus mes journées de travail ; les collègues sont un peu plus souvent présents sur mon lieu de travail. Tant mieux !

Et vous, comment avez-vous vécu cette période compliquée au travail ?

Communication avec mes enfants de 9,5 ans et 5 ans

Mon dernier billet sur ce thème remonte à assez loin, en octobre 2017… je n’avais pas vu le temps passer. J’ai dû parler de l’évolution de notre communication avec mes enfants, parsemée dans plusieurs billets en deux ans.

Pour le premier billet de l’année 2020, je propose ce sujet qui m’apporte beaucoup sur notre relation mère-enfant !

L’aîné de presque 10 ans

Ah P’tit Loup… Il va très bientôt passer à sa première décennie… je devrai peut-être faire évoluer son surnom, n’est-ce pas ?

Alors, il me parle encore sans voix (pas tout le temps mais le plus souvent, oui).

J’avoue que je ne supporte pas trop cela car il me parle sans reprendre le souffle. Donc, forcément sans sa voix, il peut articuler aussi longtemps qu’il peut, pendant des minutes, sans faire de pause : ça devient ma hantise !

Je l’oblige parfois à me parler avec sa voix. Particulièrement quand il veut me raconter une anecdote ou je-ne-sais-quoi qui me demande quand même plusieurs minutes de concentration !

(C’est ainsi que je me suis aperçue que si l’on arrive à lire sur les lèvres pendant 10 minutes, c’est parce que mon interlocuteur reprend de temps en temps son souffle. C’était tellement inconscient chez moi que je remercie P’tit Loup pour cette découverte !)

Et souvenez-vous de la dactylologie que je lui ai apprise l’an dernier ?

Entre-temps, il a oublié certaines lettres (surtout les plus compliquées en terme de configuration). Quand il essaie d’épeler un mot, je lui demande d’utiliser la vraie dactylologie pour qu’il la pratique un peu plus souvent.

Il est le seul membre de ma famille à connaître la dactylologie, et j’ose espérer que ma fille suivra aussi ce chemin-là !

La cadette de 5 ans

Tchipie est encore très attentive à moi comme si elle se sentait un peu responsable de moi.

Et elle est débordante d’imagination. Si je demande à mon mari comment est le bruit qu’il vient d’entendre, il ne sait pas forcément me répondre. Si je demande la même chose à ma fille, elle est tout à fait capable de traduire ce bruit en imitation soit visuelle soit orale (et mon fils aussi, bien sûr).

Contrairement à mon fils, elle me parle plus souvent avec la voix que sans voix, il me semble. Je m’en rends compte avec les réactions de mon mari et mon fils qui l’entendent me parler, mais je peux me tromper.

Elle s’intéresse aussi aux signes des petits livres que j’avais achetés pour P’tit Loup !

Tchipie a eu moins d’explications sur ma surdité, puisqu’elle imite son grand frère. Sur ce point, j’ai essayé d’être vigilante avec elle. Je ne voulais pas qu’elle se comporte par jeu d’imitation mais qu’elle en soit bien consciente, de l’impact de ses attitudes, etc…

Dans tous les cas, elle est aujourd’hui en grande section de l’école maternelle. Elle dit à certains enfants de son âge que je suis sourde et que l’on doit me parler doucement.

Mes petits entendants

Bien sûr qu’ils se lassent parfois quand je dis que je ne les comprends pas. L’aîné s’énerve parfois franchement (un pré-ado ?) alors que la petite fait un petit soupir. La première fois qu’elle l’a fait, c’était il y a deux ou 3 mois.

Est-ce qu’ils répètent ? oui et non. Cela dépend particulièrement de leur humeur, de leur forme. Je fais maintenant attention à choisir le bon moment pour leur demander de me répéter mais c’est parfois raté !

Et vous, comment cela se passe avec vos enfants? 🙂

Comment montrer sa fragilité sans casser son image professionnelle ?

Ce billet est exceptionnellement très long car c’est quelque chose qui me tient à coeur.
Pour commencer et avant de lire la suite, je voudrais partager avec vous, cet article très intéressant qui m’a donné l’idée de ce billet : « la fragilité n’empêche pas la performance »

Une anecdote

J’ai plein d’anecdotes dans ma poche mais j’ai choisi celle-ci…

J’ai osé dire à un collègue que je n’ai rien compris à sa discussion avec un autre (qui me connait un peu plus). On était 3 dans une petite salle (mal aménagée, ce qui n’a pas arrangé les choses) et ils discutaient devant moi comme si je n’étais pas là. Puis on me demande mon avis. J’ai été obligée d’être aussi directe avec le premier :

Je n’ai rien compris.

Soudain… un temps mort, un gros blanc, ou une mouche qui passe, comme vous voulez…

Puis il s’est repris, j’ai essayé de lui donner des pistes comment m’expliquer, qu’il peut écrire pour que je le comprenne… il a essayé de m’expliquer, il a écrit sur son cahier de notes. Il a fait des efforts et moi aussi pour le mettre à l’aise.

Après la réunion, je lui ai envoyé un mail privé en expliquant que cela m’arrive d’être ainsi avec tout le monde quand je ne comprends pas, quand je n’ai pas compris un mot ou une phrase entière en lisant sur les lèvres. C’est normal comme attitude. C’est moi, quoi ! Puis il a reconnu avoir des difficultés.

Et quelle bonne surprise quand je le revois 2 mois après, pour un autre projet… il fait attention à moi !
Aujourd’hui, il est à l’aise avec moi, il a du en discuter avec quelqu’un et / ou réfléchi à tout ça. Je me suis dit après ça, que j’ai bien fait de lui parler par mail, pour dissiper ce malaise.

Une certaine maturité

Même si je sais que c’est normal pour moi qui suis sourde, je dois m’assurer de comprendre ce qu’on dit autour de moi car cela a un impact sur mon travail, mes projets, mes objectifs… que je dois pouvoir travailler dans de bonnes conditions.

J’assume ma surdité dans ma vie privée, au travail aussi… mais le fait de dire des choses à des collègues, comme tu parles trop vite, de couper la parole en plein milieu d’une discussion, d’oser gêner mes collègues…
Risquer un regard compatissant, un soupir…
Deviner leur embarras encore plus grand…
C’est justement ce moment précis qui peut nous mettre tous dans cet embarras, un moment suspendu, un gros blanc gênant…

Si, dans leur attitude face à moi, la collègue sourde, leur gêne se voit, j’arrive à garder mon calme et à rassurer ces personnes.
C’est à moi de leur montrer comment on peut fonctionner ensemble… J’adapte mon discours en fonction des situations de travail, de la personnalité des gens.
Je souris beaucoup, ça fait partie de ma personnalité et c’est plus facile pour moi de rassurer ainsi.
Parfois, je fais de l’humour pour améliorer l’ambiance, casser cette gêne-là. Et ça passe mieux grâce à l’attitude positive !

Je dois leur montrer que je m’adapte à eux, et eux savent qu’ils doivent faire l’effort avec et pour moi. Ça ne peut marcher que dans les deux sens mais cela dépend surtout de l’ouverture d’esprit de ces personnes.

Parfois, plus tard, si quelque chose ne s’est pas bien passée, je leur envoie un mail privé comme je vous l’ai raconté plus haut, ou bien ces personnes me contactent pour s’expliquer ou me demander des explications.

Avec tous ces moments de gêne – ô combien j’en ai eus depuis le début de mon intégration, j’ai acquis cette maturité. J’arrive souvent à agir dans ce genre de situation.

Mais pas toujours à l’aise…

Alors, plus haut, j’ai dit : souvent. Le reste du temps, je suis mal à l’aise.
Quand pour une formation ou conférence, les vélotypistes doivent s’installer dans un coin pas toujours confortable,
Ou bien que le téléphone de la salle de réunion est en panne alors que la prestation de retranscription écrite à distance est réservée,
C’est gênant pour moi…

Autour de moi, cela peut renvoyer une image pas forcément positive. Dans ma tête, les collègues voient ça comme une contrainte ou une charge, peu importe, et je n’arrive pas toujours à passer outre ce sentiment-là.
Je dois prendre sur moi.

Je dois garder à l’esprit qu’on est obligé de passer par là, que ça ira mieux par la suite, que même si on m’a trouvée ‘gênante’ à ce moment-là, j’aurai affirmé ma position de salariée sourde face aux innombrables collègues entendants.
Et que, eux, ils connaissent enfin mes besoins réels.

Il m’arrive parfois de ne pas agir pendant toute une réunion au risque de perdre des informations capitales pour mon travail… parce que c’est fatiguant de penser tout le temps à cela.
ça dépend de mon humeur, de ma forme (je comprends moins bien quand je suis fatiguée ou malade), ça dépend aussi de la personne qui parle – par exemple si la personne est pressée ou s’il s’agit d’un directeur…

Difficile aussi de relancer des personnes avec qui on n’a pas d’affinité et qui oublient vite les réflexes avec moi.

Certes, c’est aussi beaucoup plus simple quand on est en petit comité, je me permets de leur dire quand ça ne va pas. Quand on est plus nombreux, c’est plus compliqué.
Comme si je devais les respecter au vu de leur nombre, non ?

Eh bien, non ! je sais au fond de moi que c’est faux, que j’ai raison sur le fait que je doive leur dire ce qui ne me convient pas. Je n’y arrive pas toujours car ce n’est pas forcément moi qui les anime, j’y travaille encore !

Mon image professionnelle vs ma fragilité ?

Alors que se passe-t-il si je ne m’exprime pas du tout ? ça risque de dégrader davantage mon image professionnelle, non ? en même temps, on a besoin de le dire quand cela ne va pas, sourd ou entendant sinon on court au burn-out, au mal-être…

Un jour, une ergonome handicap m’a dit : ‘Pourquoi ne t’exprimes-tu pas sur tes besoins ? C’est naturel.

Est-ce vraiment bien vu de montrer sa fragilité ? de montrer qu’on ne peut pas être tout le temps fort ? de ne pas être souvent au niveau d’intégration que l’on exige de moi ? de ne pas être aux normes de performance ? de montrer ses limites ? les contraintes de la surdité en terme de communication ?

  • On nous a appris à nous intégrer à la société, à nous taire même quand ça ne va pas.
  • On nous dit que l’on fait des efforts pour nous, qu’ils ont fait ça ou ci pour nous…
  • Que nous profitons de notre surdité pour ne rien faire…
  • Que nous ne les remercions pas assez…

Les gens sont peut-être maladroits mais cela a suffi pour nous conditionner à nous taire sur nos sentiments pour ne plus subir ce genre d’injustice qui est frustrant.
Nous ne sentions pas forcément écoutés, reconnus comme tels.

Nous avons l’impression de répéter souvent la même chose et qu’en retour, on ne voit pas grand chose qui nous facilite la vie. Donc on arrête tout simplement. Et on subit… Mais quand on ne veut plus subir au bout de XX années d’intégration, on devra assumer les conséquences dont nous n’avons plus l’habitude !

N’hésitez pas à commenter, ça me fera plaisir de voir que je ne suis pas la seule à me battre au travail 🙂

Ma chère concentration

« C’est comme faire un puzzle, un Sudoku et un Scrabble en même temps. » Ian Noon


Ma charge mentale, pas celle de la maman, mais mon autre charge mentale, invisible elle aussi, celle qui est impactée par ma surdité.

Mon alliée de toujours…

Ma chère concentration qui me poursuit depuis mon enfance, qui m’a souvent bien fatiguée lors de ma scolarité et de mes études. Ma concentration que je retrouve tous les jours que ce soit sur le plan privé, professionnel ou social.

Ma chère concentration qui m’a découvrir les acouphènes dès l’âge de 21 ans et qui me les impose – encore aujourd’hui – quand je me suis trop concentrée sur les lèvres des autres.

Ma chère concentration que je dois comprendre, analyser… pour pouvoir l’adopter dans mon quotidien.

Ma chère concentration qui m’oblige à faire des pauses, à m’isoler quand j’en ressens le besoin.
Le besoin d’être au calme, de ne dépendre de personne, de me promener seule, de lire ce que je veux, de prendre soin de moi le plus souvent possible.

Je ne pourrais certainement pas tenir le rythme actuel sans ces pauses-là, sans la compréhension de mon entourage.

Les impacts sur moi

Ma chère concentration qui fait dire aux autres mes défauts / comportements inappropriés sans que je le veuille vraiment :

  • L. est chiante / fainéante / agressive.
  • Elle nous oblige à répéter / faire des efforts / articuler mais elle ne nous regarde pas tout le temps.
  • Elle est souvent fatiguée et pourtant, elle se couche tôt.
  • Elle est hautaine / distante, elle n’est pas sociable… etc.

Mais oui, je suis un peu de tout cela à la fois ! Je suis obligée d’assumer ces étiquettes sinon je ne pourrais plus dormir.

Longtemps, surtout quand j’étais petite, je ne pouvais me défendre et je trouvais cela injuste.
Je croyais aussi peut-être que c’était une partie de ma personnalité (forcément d’après les dires des autres !).

Ce qui m’a sauvée

Les gens me disent : Quand on te rencontre, on pense à tort que tu es comme ça, comme ci. Mais quand on apprend à te connaitre, cela n’a rien à voir.

Eh bien, merci…

Aussi ce détail. J’adore lire : cela m’a permis d’apprendre beaucoup sur moi, sur notre société… D’ailleurs, je vous avais parlé de ma bibliothérapie sur mon blog.

Plus on lit les témoignages des sourds ou de ceux qui les côtoient (entourages, spécialistes de la surdité…), plus on comprend que les sourds sont souvent affublés des mêmes étiquettes, que c’est la perception erronée des entendants qui nous jugent à partir de ces caractéristiques subtiles. Car ils ne connaissent pas les impacts de la surdité sur nos relations, nos attitudes…

Hélas, comme l’agressivité, la susceptibilité, la fatigue et l’isolement volontaire…
Et malheureusement parfois, cette perception nous façonne à tort, contre notre gré, le plus souvent inconsciemment.

Je partage avec vous, cet article expliquant très bien (en anglais) ce qu’est la fatigue de la concentration qui est spécifique chez les sourds, et comment cela les affecte au quotidien.

Les conversations de nos enfants entendants

Quand mes enfants, P’tit Loup et Tchipie, se parlent entre eux, j’imagine leur dialogue.
Je scrute leurs lèvres, leur expression de visage, leur comportement… J’essaie de deviner leur sujet de conversation. J’aime imaginer ce qu’ils se racontent, pourquoi ils se disputent.

Quand ils étaient plus petits, ils prenaient leur bain ensemble et j’adorais les regarder se parler, se chamailler dans leur bain. Je n’y comprenais pas grand-chose mais ils étaient très mignons à regarder (je ne suis pas du tout objective !). Je trouvais adorable leurs façons de se parler, avec leur visage d’enfant, leurs petites dents de lait.

Encore aujourd’hui !
Ma fille est très bavarde, parle à ses poupées, regarde les histoires des livres à ses doudous…
Mon fils plus discret sans doute avec ses jouets de grand frère, ses gadgets.
Je me surprends à les regarder jouer, à essayer d’entrer dans leur imagination.

Cela m’arrive aussi – quand je m’ennuie – d’imaginer les conversations de mes enfants avec leurs amis ou cousins. Je surprends quelques mots par ci, par là et je pars dans mon imagination en fonction de leurs jeux !

Parfois, par curiosité, je leur demande de quoi ils parlent. Ils pouffent de rire, ils me racontent (pas toujours, hein) leur conversation.

Et, je ne le dis pas pour m’en vanter… Assez souvent, c’est étonnant comme ce que j’avais imaginé dans ma tête se rapproche de la la réalité ! Et les autres fois, ça m’amuse de voir combien je suis à côté de la plaque ! 😉

Question d’enfant : pourquoi tu es sourde ?

photo prise à Lyon (place Bellecour)

ça y est ! Tchipie, ma fille de 5 ans, m’a posé la fameuse question !

Est-ce que parce qu’elle commence à se rendre compte du regard des autres ? Une fois, j’ai surpris une phrase sur la bouche d’une fillette au centre de loisirs où je suis allée chercher ma fille : ‘Ta maman, elle est toujours comme ça?
Je ne sais pas ce qu’a répondu ma fille mais je n’ai pas cherché à m’y incruster.
Si vous me suivez depuis le début du blog, vous savez bien que je ne veux pas forcer les enfants à m’en parler. Je ne leur en parle que si nécessaire ou bien quand ils me posent des questions en rapport avec la surdité.

Alors, ma fille m’a posé la question après son bain du soir. Mais attendez… Avant sa question, pendant que je la séchais avec une serviette, elle m’a parlé dans mon oreille, j’ai été surprise.
Je lui dis : ‘J’entends ta voix avec mes appareils mais je ne comprends pas. Je regarde ta bouche pour comprendre. Tu disais quoi ?
Alors elle a souri, un peu gênée je pense.

Et elle m’a posé la question : ‘Pourquoi tu es sourde ?’

Je lui ai dit que, une fois, j’étais très très très très très très très très malade quand j’étais petite et qu’après, je suis devenue sourde.
Ses questions s’enchainent : ‘c’est quoi le tuyau? c’est quoi dans ton oreille?’

Je lui explique en lui montrant les différentes parties de mon appareil auditif. La petite machine derrière l’oreille, le tube et l’embout. ça grossit sa voix et les bruits autour de moi. Si je n’ai pas mes AA dans mes oreilles, je n’entends rien et elle le sait très bien.

Car une autre fois, elle avait essayé de m’appeler pour me tester alors que je n’étais pas appareillée à ce moment. Ah la coquine!

Ensuite, elle m’a dit : ‘Il faut parler doucement avec toi. Pas vite.
Oui, c’est bien cela, ma Tchipie !

6 bougies pour mon blog

Photo utilisée pour mon 1er billet

6 ans ! Je me rappelle encore comme si c’était hier, quand je demande à mon mari ce qu’il pense du titre ‘Maman n’entend pas’ pour mon blog.

Maman n’entend pas, la fameuse phrase qu’on répétait souvent à mon aîné au fur et à mesure qu’il grandissait.

Il était loin aussi, ce temps où j’étais boulimique des billets, je publiais souvent et régulièrement des posts. Je propose de relire mon billet sur la source de mon inspiration

J’observais donc mon enfant aîné (plus tard, mes 2 enfants, P’tit Loup et Tchipie) et je puisais de l’inspiration dans mon quotidien (pas seulement dans ma vie privée). Je notais mes ressentis que je partageais ensuite avec vous sous forme de billets.

Plus le temps passe, moins j’écris. C’est vrai.
J’essaie de vous écouter, de faire réagir certaines personnes, de les faire réfléchir à notre situation, de répondre aux questions des entendants ou des parents sourds…
C’était comme si j’avais sorti tout ce qu’il y avait au fond de moi, mais pour moi, ce n’est pas fini !
Je n’ai jamais douté de mon blog, de votre fidélité depuis mon premier billet : ‘Pourquoi ce blog ?’
Et pourtant, je suis étonnée par le chiffre 6. Je ne m’attendais pas à ce qu’il dépasse les 5 ans.
J’espère de tout mon coeur que mon blog continuera à être lu encore quelques mois, voire quelques années.

Je suis vraiment heureuse que mon aventure continue avec vous et grâce à vous, 6 ans après. Merci infiniment !

Les copains de mon fils connaissent aussi des signes

Pour les 9 ans de P’tit Loup, on a organisé son anniversaire avec ses copains comme chaque année depuis ses 5 ans… Moi qui crains à chaque fois de ne pas comprendre ses nouveaux amis qui, souvent, ne me connaissent pas.
Plus les enfants grandissent, plus c’est simple Continuer la lecture

Virginie, pas seulement coach mais aussi maman !

Virginie, vous la connaissez un peu ou pas du tout.  On l’a découverte dans un magnifique documentaire diffusé l’été dernier sur Arte ; parfois, on la voit dans des vidéos sur les réseaux sociaux ou à la TV.
D’ailleurs, je la connais. On s’est rencontrées quand on était étudiante, grâce à Continuer la lecture